Document de Université sur La Conscience Permet-elle une Connaissance de Soi?. Le Pdf, un ensemble d'appunti di filosofia, explore le concept de conscience et d'inconscient, avec des références à Freud et Locke. Il est destiné aux étudiants en Philosophie de niveau universitaire.
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Conscience: du latin "cum-scientia": avec connaissance. la conscience est une certaine forme de connaissance, du monde qui nous entoure et de soi-même.
Le terme a d'abord un sens moral: la conscience, c'est une certaine forme de responsabilité (agir en son âme et conscience, "science sans conscience n'est que ruine de l'âme", avoir conscience de la portée de ses actes, etc.): on parle alors de "conscience morale" (capacité de distinguer le bien du mal, par soi-même, indépendamment de ce que nous disent les autres).
Au sens psychologique, qui est le plus courant aujourd'hui, la conscience est la capacité de se rendre compte de ce qui se passe en soi et hors de soi: lorsque l'on dort par ex, cette conscience diminue, et elle revient petit à petit lorsqu'on se réveille. La conscience immédiate (=spontanée), c'est notre rapport au monde, c'est être conscient de ce qui nous entoure, et qui nous permet d'agir en fonction de notre environnement. la conscience réfléchie, c'est le fait de se percevoir soi-même comme étant percevant, c'est pouvoir faire un retour sur soi-même, réfléchir sur soi-même en tant que sujet.
La conscience est souvent opposée à l'inconscience, qui est l'absence de conscience, mais aussi et surtout à l'inconscient: spontanément, ce terme est entendu comme étant le contraire de la conscience: utilisé comme adj, celui qui est inconscient c'est celui qui ne pense pas aux conséquences de ses actes (très faible degré de respont, dc de conscience morale), ou qui n'est plus conscient de lui-même et de ce qui l'entoure (très faible degré de conscience psychologique : "il est tombé inconscient -> il s'est évanoui). Dans ce cas, l'inconscience est le contraire de toute forme de conscience morale ou psychologique, c'est le degré très faible ou inexistant, de conscience (par ex, un objet).
Utilisé comme un nom, l'inconscient s'utilise davantage au sens psychologique, notamment en psychanalyse: il désigne tout ce qui échappe à la conscience, ce que l'on refuse de dévoiler (et de s'avouer à soi-même). Ce n'est pas un fait établi mais une hypothèse.
Connaissance: connaître, c'est savoir qqch avec précision, avec certitude. Cela s'oppose à la croyance, à l'opinion, qui ont l'apparence de la connaissance mais sont en fait des connaissances affaiblies, voire de fausses croyances.
Présupposé et problématique: à première vue, oui, conscience de soi et connaissance de soi semblent synonymes, dans la mesure où la conscience que nous avons de nous-mêmes semble nous fournir une certaine connaissance de ce que nous sommes et de qui nous sommes. Cependant (remise en question du présupposé et problématique), cette connaissance est-elle totale et impartiale? Comment pourrait-on, alors, accéder à une certaine connaissance de soi?
Qui suis-je ? Simple en apparence, cette question se pose en fait comme une énigme : qu'on se la pose à soi ou aux autres, cette question appelle une multitude de réponses qui, si elles peuvent être toutes exactes, ne sont pas satisfaisantes pour autant. Car au fond, le "je" dont il est question semble demeurer un mystère à nos yeux et à ceux des autres. La conscience permet-elle la connaissance de soi-même? Spontanément, nous pensons nous connaître nous-mêmes, et être les mieux placés pour répondre à la question "qui suis-je?": en effet, nous sommes, en tant que sujets, conscients du monde qui nous entoure et conscients de nous-mêmes (contrairement aux objets inertes qui n'ont aucune conscience). À première vue donc, la conscience permettrait une certaine connaissance de soi. Cependant, ne nous livre-t-elle pas une connaissance partielle et partiale de ce que nous sommes, donc une connaissance nécessairement limitée? Une connaissance de soi est-elle alors réellement possible, et sous quelles conditions ?
Argument: La conscience c'est d'abord éprouver le sentiment immédiat de son existence. Nous partageons cette conscience avec les animaux, et c'est cette forme de conscience que nous avons à la naissance, avant tout retour réflexif sur nous-mêmes.
-> L'homme et la pierre : La pierre n'a pas de monde, elle n'est pas consciente du monde qui l'entoure et ne se sait pas exister. Elle est un objet inerte, pas un sujet.
-> L'homme et l'animal : l'animal n'est pas purement sans monde. Il a un lieu dans lequel il existe, mais également un milieu auquel il se rapporte. L'animal s'adapte à son milieu, il a conscience du monde qui l'entoure, et l'homme a cela en commun avec l'animal.
Rfce: pas de référence, c'est un lieu commun.
Exemple: Nous sentons quand il fait froid, quand il fait jour ou nuit ... : nous avons donc une certaine conscience du monde qui nous entoure, et cette conscience est une forme de connaissance, puisqu'elle va nous permettre de nous adapter.
Argument: L'homme ne fait pas que s'adapter à son milieu : il a le pouvoir de transformer les choses, et de ne pas se rapporter à ce qui l'entoure comme à quelque chose de seulement utilitaire. Il a une conscience du monde qui n'est pas seulement utilitaire, il se projette dans le monde, et cela est permis par sa conscience réfléchie, qui est d'abord un conscience de soi-même, càd un retour sur soi de la conscience.
La conscience réfléchie consiste à avoir conscience de la conscience.
Référence: DESCARTES, Méditations Métaphysiques, II
- Le doute hyperbolique porte sur tout ce dont il est possible de douter, y compris ce dont d'ordinaire on ne peut pas raisonnablement douter (ex. : que nous avons un corps. Il s'agit de se débarrasser enfin de toutes les idées reçues pour parvenir à une vérité enfin indubitable (* scepticisme : on peut douter de tout).
Exemple: si l'on se pose la question de savoir si l'on existe, c'est déjà la preuve que l'on existe. Un objet existe, mais la différence avec les nous, c'est qu'il n'en a pas la preuve.
Argument: si nous éprouvons notre conscience comme une donnée immédiate, nous aurions tort pour autant de la considérer comme une réalité indépendante de tout le reste. C'est là le problème d'une pensée dualiste. En effet, il semble réducteur de penserla conscience comme une réalité faisant face à une autre réalité qui lui est extérieure : le monde.
La constitution du "Je" se comprend par rapport à notre présence à un monde, et d'abord à un corps.
Il y a un lien étroit entre la conscience et le corps. Cela signifie qu'entre le corps et l'esprit il y a interaction et qu'ils sont indissociables: la conscience n'est pas séparée du corps.
Rfce: Descartes: « La nature m'enseigne aussi, par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, etc. que je ne suis pas seulement logé dans mon corps ainsi qu'un pilote en son navire, mais outre cela que je lui suis conjoint très étroitement et tellement confondu et mêlé que je compose comme un seul tout avec lui. Car si cela n'était, lorsque mon corps est blessé, je ne sentirais pas pour cela de la douleur, moi qui ne suis qu'une chose qui pense ; mais je m'aperceverais cette blessure par le seul entendement comme un pilote aperçoit par la vue si qqch se rompt dans son vaisseau ».
Exemple: la faim et la soif: non seulement je ne peux pas ne pas m'apercevoir que j'ai faim, mais en outre je ne suis pas le même suivant que mon ventre est affamé ou repu. L'exemple de la douleur est très révélateur : non seulement je ne peux pas ne pas m'apercevoir que j'ai mal, mais en outre je ne suis pas le même dans la douleur ... et sans doute ma perception des choses est-elle influencée par mon état de santé. Je ne vois pas les choses de la même manière lorsque je suis cloué au lit par 40° de fièvre (le corps emprisonne ou oppresse l'esprit) ; inversement, parvenir à pleurer permet de soulager une douleur psychologique (le corps libère ou soulage l'esprit).
Argument: La conscience n'est pas une chose à côté d'une autre : elle est intentionnalité.
Ainsi, la conscience n'est pas une chose, mais une action. Sartre (qui reprend une idée défendue par le philosophe Husserl) définit la conscience par l'intentionnalité, pour signifier que la conscience n'est pas une chose mais une activité. La conscience est toujours en activité, elle est toujours conscience de quelque chose.
Référence: Sartre, Situations (1947).
Exemple: à tout moment de la journée, notre conscience a conscience de quelque chose: que nous avons faim, qu'il fait chaud ou froid, que nous avons sommeil, que nous sommes en cours ... elle n'est jamais au repos, et même dans le sommeil, si elle est un peu "affaiblie", elle continue d'être conscience de quelque chose: nous rêvons, nous avons chaud, froid ...
Transition : la conscience serait donc une capacité à saisir le monde extérieur et à se saisir soi-même. Cependant, elle ne saisit pas le monde comme étant quelque chose de séparé d'elle : la conscience semble être en fait constitutive du monde autant que le monde est constitutif de la conscience.
Par la conscience, nous savons que nous existons au monde et que nous sommes des êtres doués de pensée. La conscience nous permet donc de savoir ce que nous sommes. Néanmoins, la conscience permet-elle de savoir qui nous sommes ? En d'autres termes, la conscience de soi est-elle synonyme de connaissance de soi ?
Argument: savoir ce que nous sommes (des êtres pensants), ce n'est pas la même chose que savoir qui nous sommes (identité personnelle, propre à chacun, qui nous définit personnellement). L'identité personnelle repose sur trois éléments:
Rfce: Locke, Essai sur l'entendement humain.
Exemple: perdre la mémoire (amnésie) entraîne un trouble de l'identité, car on ne sait plus qui on est.
Argument: avoir conscience de ce que l'on ressent n'apporte pas forcément une connaissance claire et exacte de ce que nous ressentons.
Référence : Malebranche.
Exemple: parfois nous ressentons certaines émotions que nous sommes incapables d'expliquer. De la même manière, nous avons conscience d'exister, mais à aucun moment, cette conscience de notre existence ne nous renseigne sur qui nous sommes vraiment.
Définition de la notion d'inconscient et problématiques liées à cette notion:
Au départ, « inconscient » est un adjectif, qui renvoie à l'état de perte de connaissance d'un sujet à un moment donné. C'est un état passager. Celui qui est inconscient c'est celui qui a un degré très faible de conscience (celui qui dort, par exemple, est dans un certain état d'inconscience). Le terme « inconscient » devient un nom avec l'apparition de la psychanalyse. Ce qui ne désignait au départ qu'un état passager semble devenir par là quelque chose qui ferait pleinement partie du sujet : d'un côté, il y aurait la conscience, qui ferait que nous savons que nous existons, et de l'autre, l'inconscient, cette partie de nous-mêmes qui nous pousse parfois à agir mais dont nous n'avons pas conscience.
Cette notion d'inconscient pose alors un problème : si je suis poussé à agir par l'inconscient, c'est-à-dire par cette partie de moi-même dont je n'ai pas forcément conscience, comment peut-on alors parler de responsabilité ? Comment puis-je être un sujet, c'est-à-dire un être qui peut répondre de ses actes, si je commets des actions que je n'ai pas décidé consciemment d'accomplir ?
Le sujet serait alors semblable à un iceberg, dont la partie visible, la plus petite, serait la conscience, et la partie immergée, la plus importante, l'inconscient.
Argument: Freud (fondateur de la psychanalyse à la fin du XIXe siècle), part du constat que dans la vie courante, autant chez les personnes saines que chez les personnes malades, certains actes, se produisant de manière anodine, parce qu'ils sont courants,