Document de l'Université sur la traduction pédagogique à la pédagogique de la traduction. Le Pdf explore la traductologie, distinguant la traduction pédagogique et professionnelle, et analysant les concepts de cotexte et contexte, avec des exemples pratiques pour les étudiants en Langues de niveau universitaire.
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La traductologie est la discipline qui embrasse a travers temps et espace l'expérience humaine dans son immense complexité, se présente comme un domaine mouvant, éclaté en de multiples sous-domaines. On observe, on commente, on compare, on rationalise les différences, les choix plus ou moins spontanés que fait un traducteur pour un texte donné dans une langue donnée pour une lecture bien définie.
On a quatre ages de la traductologie:
La traduction scolaire est un exercice qui a pour but d'enseigner la langue étrangère, et de contrôler que cet apprentissage s'est fait. Elle est utile pour enrichir le vocabulaire, assimiler certaines expressions idiomatiques, vérifier La compréhension d'une langue. On fait des thèmes et des versions: le thème est la traduction en langue étrangère, la version est la traduction en langue maternelle. La stratégie de traduction est de type littéral: on traduit les éléments isolés du texte de départ; à cause de son détachement du contexte linguistique et extralinguistique, elle est rarement publiable. Quelle est la différence entre la traduction pédagogique et la traduction professionnelle?
La traduction enseignee a l'université est conçue aux fins d'apprentissage de la langue étrangère; elle n'est qu'un simple moyen pour apprendre la langue, pour contrôler la compréhension et expliquer mots ou structures difficiles. La traduction professionnelle est une fin en soi, puisque son but est de transmettre un message, de communiquer un discours, à des Lecteurs qui ne pourraient sinon pas le comprendre.
On appelle cotexte le contexte linguistique immédiat qui determine la sélection de la signification pertinente d'un terme, d'une expression, d'une phrase. A- They decided to go to the University with his car Cette phrase pourrait avoir deux traductions:
Dans cette situation sans contexte la traduction A1 donne la meme information que l'énoncé original A. Mais en A2 une perte d'information (entropie) accompagne le passage d'une langue à l'autre. Voyons le contexte: A- John and Mary had lunch together: Then they decided to go to the University with his car. L'analyse du cotexte permettra de déterminer le sens d'un mot ou d'une unité plus large dans l'énoncé. Voilà pourquoi his car est paraphrase (A1) en la macchina di lui. Ce genre de paraphrase n'est pas nécessaire si le cotexte permet de désambiguïser l'énoncé. Revenons au dialogue d'Orsenna: l'expression quand je serai grande est morphologiquement marquée, signifiant clairement que c'est une personne de sexe féminin qui s'exprime. Mais la traduction littérale italienne ne l'est pas, parce que grande (it.) vaut tant pour le masculin que pour le féminin. Que faire? Donnée sans contexte à un groupe d'étudiants, la phrase est ainsi rendue:
La notion de contexte designe tout ce qui ne concerne pas l'entourage linguistique immédiat d'une situation de parole. C'est le contexte cognitif, extralinguistique, intimement lié au concept de situation d'enonciation, aux caractéristiques socioculturelles des acteurs du message. Le contexte cognitif est donc l'ensemble des informations que le traducteur enregistre pendant la lecture et l'exégèse du texte original. De la connaissance du macrocontexte textuel, des connaissances extra linguistiques et encyclopédiques, de la définition de la situation d'énonciation, dépendent la bonne compréhension du discours et la qualité de la traduction. Interpréter ne consiste pas uniquement à prendre en compte les règles de grammaire, le dictionnaire unilingue et bilingue, mais mobilise un savoir extralinguistique. Il s'agit donc de passer de la traduction pédagogique universitaire à la pédagogie de la traduction: à l'apprentissage/acquisition d'un savoir-faire professionnel.
Traduire d'une langue à une autre, c'est tenter d'établir une relation d'identité, ou de quasi-identité, entre deux discours - le premier étant un original et le deuxième une version de ce même discours dans une autre langue: c'est donc rechercher la synonymie des mots et des phrases, ce qu'on nomme la paraphrase. On retrouvera, dans le passage d'une langue à l'autre, la problématique de l'altération du sens inhérent à la paraphrase dans le sens commun du terme.
On sait qu'en traduction intralinguale, le rapport de synonymie est une utopie, l'identité étant imparfaite, jamais absolue. Ex: Prenons l'expression de la mort, soit le verbe mourir. Il existe, par exemple, dans la plupart des langues, une différence sémantique entre la mort de l'homme (entendue comme quelque chose de subjectif et de personnel) et la mort de l'animal. Mourir a des synonymes comme:
Quand on s'exprime dans un langage populaire (sème afférent) pour dire que quelqu'un est mort, on dit que quelqu'un a claqué ou crevé. Ces mots toutefois n'informent en rien sur le genre de mort. Au niveau de la traduction intralinguale la synonymie concerne le stylisticien dans la mesure où c'est une question de choix: il n'est pas indifférent de choisir une expression plutôt qu'une autre justement parce que les termes ne sont pas parfaitement synonymes. En traduction interlinguale, il s'agira de rendre, dans la mesure du possible, tant les sèmes inhérents que les sèmes afférents.
La synonymie peut s'étendre à des unités supérieures au mot. Une idée est souvent rendue par une expression imagée, idiomatique ou non. Chaque langue a diverses manières de désigner un fait ou un phénomène.
Quand il s'agit de deux phrases de même sens, on parle de paraphrase. (A) Mon père, qui n'est plus parmi nous, aimait Jules Verne et ses prévisions des desastres culturels en cours. (B) Feu mon père adorait l'auteur de Paris au XXème siècle, qui avait prévu les dégâts culturels de notre époque, A et B veulent dire la même chose, mais la disent différemment: A est la paraphrase de B et B est la paraphrase de A. La paraphrase apparaît ici comme une relation de synonymie entre phrases.
Observons les traductions suivantes: A -> Feu mon père aimait Jules Verne et ses prévisions des desastres culturels en cours. A' -> Al fu mio padre piacevano molto Jules Verne e le sue previsioni dei disastri culturali in corso. B -> Mon père, qui n'est plus parmi nous, adorait l'auteur de Paris au XXème sicle, qui avait prévu les dégâts culturels de notre époque B' -> Mio padre, che non è più con noi, adorava l'autore di Parigi nel ventesimo secolo, che aveva previsto i danni culturali della nostra epoca. Si A et B sont dans un rapport de paraphrase, la traduction de A tendra vers A, et la traduction de B tendra vers B'. Et dans la langue d'arrivée les énoncés A' et B' seront à leur tour dans un rapport de paraphrase. On ne peut donc traduire A par B'. Traduit se doit de garantir un passage de la communication et une identité de style. Traduire d'une langue à une autre, c'est rechercher l'identité de sens et de registre. Il arrive toutefois très souvent qu'un traducteur soit accusé de faire de la paraphrase au sens commun du terme. Il s'agit de faire la différence entre paraphrase illégitime et paraphrase légitime. L'opération est illégitime lorsqu'elle consiste à expliquer le texte de départ ou lorsqu'elle correspond à ce que la langue courante nomme paraphrase, c'est à dire, à un développement verbeux et diffus. La paraphrase légitime est la paraphrase au sens technique que prend ce terme en linguistique: "il y a paraphrase si et seulement si a signifie la même chose que b". Traduire c'est savoir évaluer les interventions nécessaires pour garantir le fonctionnement de la communication avec le nouveau destinataire, et procéder, ici et là, à des paraphrases ponctuelles, à des explications, qui éviteront des entropies dans le message. La paraphrase en traduction apparaît alors comme un décalage traductologique nécessaire, opérant, pour des raisons extralinguistiques, sur la matière linguistique: an parlera donc d'équivalencedynamique, fonctionnelle, socio-fonctionnelle. La paraphrase en traduction est, dans la mesure du possible, fidèle, au sens et au registre du discours de départ, reproduction des mêmes sèmes.
On parle de paraphrase volontaire quand le traducteur décide d'ajouter un élément n'appartenant pas au texte de départ et declare la manipulation. L'auteur dit a et le traducteur dit a+b. Il s'agit généralement de versions-explications visant à mettre une œuvre à la portée d'un public particulier. Un lieu appelant l'amplification paraphrastique volontaire est également la traduction de la littérature destinée aux enfants. Il s'agit de ne pas confondre adaptation et paraphrase:
La paraphrase est involontaire et illégitime quand la traduction s'accompagne d'une interprétation partielle, voire subjective du texte original, par exemple, quand le traducteur interprète une expression laissée ambiguë d'interprétations ou à des jeux de mots. On parle également de paraphrase involontaire quand un ajout inutile contamine sens et style malgré un contexte de départ assez clair. Les traductions littérales sont souvent des amplifications inutiles dans la langue d'accueil.
Les opérations de traduction se divise en deux catégories:
On a fort justement censure le concept d'unité de traduction et l'emploi restrictif des notions d'équivalence et de procédé de traduction. L'analyse du discours portera à parler d'unité de sens, puis d'unité de discours, condamnant et effaçant définitivement le concept d'unité de traduction. En conséquence le concept d'equivalence, defini par Vinay et Darbelnet sera plus généralement utilisé pour signifier l'équivalence de discours. Ainsi le terme traduction devient équivalence qui adopte les formules équivalence directe et équivalence indirecte, qu'à la distinction directe/oblique de Vinay et Darbelnet. C'est pourquoi les traductions des expressions figées seront vues comme des modulations obligatoires, l'opération de modulation se scindant justement en modulation libre et en modulation obligatoire.
Nous parlerons de transcription pour indiquer la non-traduction, le terme d'emprunt restant cantonne au domaine de la lexicologie et de la stylistique. Il y a transcription quand un mot,