L'homme peut-il se passer de religion? Analyse philosophique

Document de Université sur L'homme peut-il se passer de religion?. Le Pdf, utile pour les études universitaires en Philosophie, explore la religion comme phénomène humain et social, discutant l'aliénation religieuse et son rapport avec les conditions matérielles de l'existence.

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Introduction
La question interroge la possibilité pour les hommes de vivre sans religion. Elle
interroge et questionne son caractère nécessaire, essentiel, pour notre humanité.
Deux choses: d'une part, tous les hommes ne croient pas. L'athéisme est aussi un
fait répandu. D'autre part, il n'y a pas de culture qui ne soit érigée sans religion.
La religion est en ce sens un fait humain universel. Bergson : "On trouve dans le
passé, on trouverait même aujourd'hui des sociétés qui n'ont ni science ni art ni
philosophie. Mais il n'y a jamais eu de société sans religion".
A quelles conditions la philosophie peut-elle penser la religion, et l'aborder comme
un objet philosophique? Il s`agit, pour l`aborder sereinement, de la considérer
justement comme un fait de la culture humaine.
Mais qu'entend-on par "religion" ?
La religion qualifie donc l'ensemble des croyances, dogmes et pratiques qui
définissent les rapports de l'être humain avec le sacré ou la divinité, autrement dit,
avec une forme de transcendance. On peut en effet, malgré la diversité des formes
religieuses, dégager une constance, à savoir la croyance en une autre vie dans
l'au-delà, à laquelle seuls auront accès les fidèles.
La religion peut être définie par ses trois grandes caractéristiques :
- les croyances et les pratiques religieuses, lesquelles se réfèrent à une forme
de transcendance
- le sentiment religieux: la foi
- l'union dans une même communauté de ceux qui partagent une même foi :
l'Église.
- un ensemble de dogmes ( Vérités sacrées qui font office de doctrine,
desquelles on ne doute pas, qu’on examine pas de manière critique. Ces
vérités sont révélées et immuables.)
Elle produit un double lien: Horizontal : entre les croyants. Vertical: vers la
transcendance.
Elle relie les croyants, et sépare, un monde terrestre, profane, d`une monde sacré.
Repères : Transcendant / immanent
Le transcendant, c'est ce qui dépasse ou est supérieur à une réalité donnée.
Autrement dit, une chose est transcendante quand elle relève d'un degré de réalité
supérieur, d'un autre ordre. C'est ce qui est au-dessus du monde ou des frontières
connues. Ce qui est extérieur et supérieur à la conscience.
L’immanent (du latin in-manere, qui signifie demeurer en), à l'inverse, désigne ce
qui est compris dans la nature d'un être, qui ne nécessite pas l'appel à un principe
supérieur. C'est ce qui relève du même degré ou du même niveau de réalité.
Distinction importante, qui offre une piste pour penser et comprendre la persistance du
phénomène religieux. La science répond aux questions qui relèvent du “comment”: comment
la vie peut-elle advenir? Quelles sont les conditions de son apparition ? Mais elle est
impuissante devant les questions qui relèvent du pourquoi: pourquoi ( quel sens, quelle fin)
existons-nous? Que se passe-t-il après la mort? Les hommes bons seront-ils récompensés?
Pourquoi le Mal ect? Ces questions qui touchent au sens de l'existence sont du domaine de
la religion, qui les prend en charge et offre des réponses.
Problème :
Réfléchir en philosophie au phénomène religieux, c'est avant tout se demander
"Pourquoi la religion ?", pourquoi la persistance du fait religieux malgré les progrès
scientifiques c'est-à-dire s'interroger sur les causes de la religion (ses fondements),
mais aussi sur sa finalité. Quels besoins essentiellement humains, profondément
humains la religion prend-elle en charge ? La religion a-t-elle le monopole de la foi ?
Autrement dit, n`y a t-il de foi que religieuse ?
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La religion qualifie l'ensemble des croyances, dogmes et pratiques qui définissent
les rapports de l'être humain avec le sacré ou la divinité, autrement dit, avec une
forme de transcendance. On peut en effet, malgré la diversité des formes
religieuses, dégager une constance, qui justifie qu'on puisse parler de LA religion, en
dépit de la multiplicité des religions qui existent. Cette constance: la croyance en
une autre vie dans l'au-delà, à laquelle seuls auront accès les fidèles, ce qui
suppose une séparation entre un monde sacré et un monde profane terrestre.
a) La religion est un phénomène humain et social :
Texte 1:
"Les croyances proprement religieuses sont toujours communes à une collectivité
déterminée qui fait profession d'y adhérer et de pratiquer les rites qui en sont solidaires.

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Introduction à la religion et à l'humanité

S6 L'homme peut-il se passer de religion ?
Introduction
La question interroge la possibilité pour les hommes de vivre sans religion. Elle
interroge et questionne son caractère nécessaire, essentiel, pour notre humanité.
Deux choses: d'une part, tous les hommes ne croient pas. L'athéisme est aussi un
fait répandu. D'autre part, il n'y a pas de culture qui ne soit érigée sans religion.
La religion est en ce sens un fait humain universel. Bergson : "On trouve dans le
passé, on trouverait même aujourd'hui des sociétés qui n'ont ni science ni art ni
philosophie. Mais il n'y a jamais eu de société sans religion".
A quelles conditions la philosophie peut-elle penser la religion, et l'aborder comme
un objet philosophique? Il s'agit, pour l'aborder sereinement, de la considérer
justement comme un fait de la culture humaine.

Définition de la religion

Mais qu'entend-on par "religion" ?
La religion qualifie donc l'ensemble des croyances, dogmes et pratiques qui
définissent les rapports de l'être humain avec le sacré ou la divinité, autrement dit,
avec une forme de transcendance. On peut en effet, malgré la diversité des formes
religieuses, dégager une constance, à savoir la croyance en une autre vie dans
l'au-delà, à laquelle seuls auront accès les fidèles.

La religion peut être définie par ses trois grandes caractéristiques :

  • les croyances et les pratiques religieuses, lesquelles se réfèrent à une forme
    de transcendance
  • le sentiment religieux: la foi
  • l'union dans une même communauté de ceux qui partagent une même foi :
    l'Église.
  • un ensemble de dogmes ( Vérités sacrées qui font office de doctrine,
    desquelles on ne doute pas, qu'on examine pas de manière critique. Ces
    vérités sont révélées et immuables.)

Elle produit un double lien: Horizontal : entre les croyants. Vertical: vers la
transcendance.
Elle relie les croyants, et sépare, un monde terrestre, profane, d'une monde sacré.Repères : Transcendant / immanent

Transcendant et immanent

Le transcendant, c'est ce qui depasse ou est supérieur à une réalité donnée.
Autrement dit, une chose est transcendante quand elle relève d'un degré de réalité
supérieur, d'un autre ordre. C'est ce qui est au-dessus du monde ou des frontières
connues. Ce qui est extérieur et supérieur à la conscience.
L'immanent (du latin in-manere, qui signifie demeurer en), à l'inverse, désigne ce
qui est compris dans la nature d'un être, qui ne nécessite pas l'appel à un principe
supérieur. C'est ce qui relève du même degré ou du même niveau de réalité.
Distinction importante, qui offre une piste pour penser et comprendre la persistance du
phénomène religieux. La science répond aux questions qui relèvent du "comment": comment
la vie peut-elle advenir? Quelles sont les conditions de son apparition ? Mais elle est
impuissante devant les questions qui relèvent du pourquoi: pourquoi ( quel sens, quelle fin)
existons-nous? Que se passe-t-il après la mort? Les hommes bons seront-ils récompensés?
Pourquoi le Mal ect? Ces questions qui touchent au sens de l'existence sont du domaine de
la religion, qui les prend en charge et offre des réponses.

Problématique philosophique de la religion

Problème :
Réfléchir en philosophie au phénomène religieux, c'est avant tout se demander
"Pourquoi la religion ?", pourquoi la persistance du fait religieux malgré les progrès
scientifiques c'est-à-dire s'interroger sur les causes de la religion (ses fondements),
mais aussi sur sa finalité. Quels besoins essentiellement humains, profondément
humains la religion prend-elle en charge ? La religion a-t-elle le monopole de la foi ?
Autrement dit, n'y a t-il de foi que religieuse ?

La religion, un fait éminemment humain

1 la religion est un fait éminemment humain
La religion qualifie l'ensemble des croyances, dogmes et pratiques qui définissent
les rapports de l'être humain avec le sacré ou la divinité, autrement dit, avec une
forme de transcendance. On peut en effet, malgré la diversité des formes
religieuses, dégager une constance, qui justifie qu'on puisse parler de LA religion, en
dépit de la multiplicité des religions qui existent. Cette constance: la croyance en
une autre vie dans l'au-delà, à laquelle seuls auront accès les fidèles, ce qui
suppose une séparation entre un monde sacré et un monde profane terrestre.

La religion comme phénomène humain et social

a) La religion est un phénomène humain et social :
Texte 1:
"Les croyances proprement religieuses sont toujours communes à une collectivité
déterminée qui fait profession d'y adhérer et de pratiquer les rites qui en sont solidaires.Elles ne sont pas seulement admises, à titre individuel, par tous les membres de cette
collectivité; mais elles sont la chose du groupe et elles en font l'unité. Les individus qui la
composent se sentent liés les uns aux autres, par cela seul qu'ils ont une foi commune.
Une société dont les membres sont unis parce qu'ils se représentent de la même manière
le monde sacré et ses rapports avec le monde profane, et parce qu'ils traduisent cette
représentation commune dans des pratiques identiques, c'est ce qu'on appelle une Eglise.
Or, nous ne rencontrons pas, dans l'histoire, de religion sans Eglise. Tantôt l'Eglise est
étroitement nationale, tantôt elle s'étend par-delà les frontières; tantôt elle comprend un
peuple tout entier (Rome, Athènes, le peuple hébreu), tantôt elle n'en comprend qu'une
fraction (les sociétés chrétiennes depuis l'avènement du protestantisme) ; tantôt elle est
dirigée par un corps de prêtres, tantôt elle est à peu près complètement dénuée de tout
organe directeur attitré. Mais partout où nous observons une vie religieuse, elle a pour
substrat un groupe défini. Même les cultes dits privés, comme le culte domestique ou le
culte corporatif, satisfont à cette condition; car ils sont toujours célébrés par une
collectivité, la famille ou la corporation. Et d'ailleurs, de même que ces religions
particulières ne sont, le plus souvent, que des formes spéciales d'une religion plus
générale qui embrasse la totalité de la vie, ces Eglises restreintes ne sont, en réalité, des
chapelles dans une Eglise plus vaste et qui, en raison même de cette étendue, mérite
davantage d'être appelée de ce nom. [ ... ] En un mot, c'est l'Eglise dont il est membre qui
enseigne à l'individu ce que sont ces dieux personnels, quel est leur rôle, comment il doit
entrer en rapports avec eux, comment il doit les honorer. [ ... ] Nous arrivons donc à la
définition suivante : Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques
relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques
qui unissent en une même communauté morale, appelée Eglise, tous ceux qui y adhèrent.
Le second élément qui prend ainsi place dans notre définition n'est pas moins essentiel
que le premier; car, en montrant que l'idée de religion est inséparable de l'idée d'Eglise, il
fait pressentir que la religion est une chose éminemment collective."
Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912)
Fait social: « toute manière de faire, fixée ou non, susceptible d'exercer sur
l'individu une contrainte extérieure; ou bien encore, qui est générale dans l'étendue
d'une société donnée tout en ayant une existence propre, indépendante de ses
diverses manifestations au niveau individuel ».
Les faits sociaux ont, selon Durkheim, un certain nombre de caractéristiques.
Premièrement, ils sont extérieurs aux individus, c'est-à-dire qu'ils existent hors
d'eux, ils trouvent leur source dans la société. Ces faits sociaux sont d'ailleurs
indépendants des manifestations individuelles : un individu peut tenter de ne pas les
suivre (par exemple, ne pas respecter les pratiques de sa profession), mais d'une
part il risque d'être sanctionné et, d'autre part, il ne suffira pas de ce non-respect
pour remettre en question ces pratiques. Ensuite, ces faits sociaux sont
contraignants et s'imposent aux individus. Enfin, ils sont réguliers, et se répètent, se
reproduisent au fil du temps.
Pour Durkheim le phénomène religieux est iminment social. La religion donne aux
individus un sentiment d'appartenance, de communauté et de solidarité. Les
pratiques rituelles renforcent les liens entre les membres d'une collectivité. La
religion est donc moins un besoin spirituel individuel qu'une necessite socialecollective, rendant sa disparition totale peu plausible, voire peu souhaitable selon
Durkheim. Si les hommes peuvent peut-être se passer des religions traditionnelles,
mais pas de l'expérience collective du sacré.

Le besoin de croyance dans la nature humaine

b) Le besoin de croyance est inscrit dans notre nature
Texte 2
« Il y a dans l'humanité deux tendances qui s'opposent et se complètent : l'une la
porte à l'individualisme, l'autre à la sociabilité. L'homme doit se soumettre à des
règles communes pour vivre en société, mais il ressent aussi l'attrait de sa liberté
individuelle. Or, la religion joue ici un rôle essentiel : elle est le ciment qui unit les
hommes en une communauté solidaire.
[ ... ]
La fonction essentielle de la religion est donc de rappeler à l'homme qu'il
appartient à une société, à un tout qui le dépasse. C'est pourquoi nous observons,
dans toutes les civilisations, l'existence de croyances qui instituent une relation
entre l'homme et une puissance supérieure, quelle qu'elle soit. Cette croyance
n'est pas seulement une consolation face aux incertitudes de l'existence : elle est
un principe d'action qui oriente la conduite humaine.
[ ... ]
L'homme a besoin de se croire en contact avec quelque chose qui dépasse
l'humain, pour donner un sens à sa vie. Si la science nous apprend à connaître le
réel, seule la religion a le pouvoir de donner à l'humanité une raison d'espérer et
d'agir au-delà des impératifs immédiats de la survie. La religion, en tant que force
dynamique, anime les grandes œuvres de l'histoire et donne aux civilisations leur
élan créateur. »
Henri Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion

Analyse du texte de Bergson

Analyse du texte:
Henri Bergson, dans Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932),
cherche à comprendre l'origine et la fonction de la religion (système de
croyances et de pratiques qui relie les hommes à une réalité supérieure, souvent
considérée comme sacrée). Contrairement à une approche rationaliste (qui privilégie
la raison comme seule source de connaissance et rejette les croyances
irrationnelles), il montre que la religion répond à un besoin profondément inscrit
dans la nature humaine.
Dans ce texte, il distingue deux formes de religion :
La religion statique (religion qui maintient l'ordre social en imposant des règles et
des rites collectifs) : elle joue un rôle social stabilisateur, en assurant la cohésion du
groupe.

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