Le Duché de Savoie, politique italienne et économie au XVe siècle

Document de Université sur Le Duché de Savoie. Le Pdf, un document d'Histoire, explore la politique italienne du XVe siècle, les dynamiques de pouvoir et l'économie, incluant les difficultés commerciales et le rôle de figures comme Amedeo VIII.

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Le duché de Savoie
En 1397 Amédée VIII devient comte de Savoie. Il n’est pas du tout un chevalier du Moyen Âge, mais plutôt un
politique: un prince moderne qui s’applique à la diplomatie.
Il cherche à rationaliser et centraliser l’administration de son état et il confie à ses fonctionnaires la réalisation de ce
qu’il décide à Chambéry.
La folie de Charles VI roi de France causant la guerre civile entre la Bourgogne et les Orléans et maintes difficultées
le long de la Guerre des Cent Ans, le comte est sollicité à offrir son aide militaire. Il répond qu’il souhaite la
pacification, il promit son intervention et chaque fois il la renvoie: en même temps ses chevaliers se rangent avec les
deux adversaires et le comte souligne qu’ils s’engagent individuellement.
Il ne s’agit pas de faiblesse, mais de sagesse politique.
Le meilleur but arrive en 1416, lorsque l’empereur Sigismonde lui confie le titre de duc. Il s’agit d’un pas en avant
dans la hiérarchie de la noblesse: pendant les trois siècles à venir, on ne parlera plus de comtée, mais de duché de
Savoie.
Amédée VIII agrandit ses territoires en Italie jusqu’à Vercelli, Mondovì, Cuneo.
En 1430 il rédige le Statut du Duché, avec le but d’en améliorer l’administration centrale et de renforcer son
autorité.
La Savoie et le Piémont sont bien différents: dans les villes savoyardes, on ne connaît pas les institutions
communales, typiques de l’Italie du Nord, qui s'étaient opposées à l’empereur pendant le Moyen Age.
A cette époque la capitale du duché, Chambéry, à 3400 habitants environ, tandis que Turin en compte 4200 et Cuneo
6000.
Dans le territoire du Vaud et en Vallée d’Aoste n’existaient pas des lois écrites, ce qui n’était pas le cas du reste du
duché.
Organiser de la même façon des territoires si différents n’était pas facile: les ducs de Savoie cherchent à harmoniser
les différentes traditions juridiques locales dans le but de transformer une agrégation de particularismes en un
principauté régional.
Deux domaines en particulier deviennent stratégiques: l’organisation administrative et la fiscalité.
Entre le XIV et le XV siècle, l’administration du duché est confiée à la chancellerie et au secrétariat général.
La Trésorerie s’occupait des impôts, qui pesaient sur des biens et des rentes différents.
En plus, il fallait gérer les dotations financières extraordinaires, qui étaient nécessaires en cas de situations militaires
ou diplomatiques.
Dès l’année 1414 l’histoire du duché de Savoie se lie encore plus avec celle de l’Europe et de l'Église.
L’empereur Sigismond réunit à Costanza un concile, dans le but de faire terminer le “scisma d’Occidente”, qui avait
produit dans le dernier siècle du Moyen Âge trois papes au même temps.
Le Concile élu pape Martin V, ce qui était dans les vœux des rois d'Angleterre et de France pour dégager le clergé
de leurs territoires du pouvoir du pape de Rome.
En 1431 le nouveau pape de Rome, Eugenio IV, au Concile de Basilea, affirme à nouveau sa supériorité et le respect
de la hiérarchie de l'Eglise pour le clergé de la France et de l’Angleterre.
A ce point Amédée VIII, qui avait déjà confié l'administration du duché à son fils Ludovico et s'était retiré dans
un monastère a Ripaglia, sur le lac Léman, avec quelqu’un de ses chevalier, décide de réaliser son chef d’oeuvre
politique: devenir pape pour agrandir et renforcer le duché.
Au Concile de Basilea, désormais permanent, se trouve un homme du duc, le cardinal Aleman, qui pousse
l’assemblée à la rupture: le pape Eugenio IV est déclaré rebelle, simoniaque et schismatique et par conséquent
déposé. Il faut donc le substituer et le choix tombe sur “l’eremita di Ripaglia”, l’ancien duc de Savoie, qui est
proclamé pape le 5 novembre 1439 avec le nom de Felice V. Dans le même temps à Rome à était élu le nouveau
pape Niccolò V.
À ce point là, le duc-pape comprend qu’il y a le risque d’un nouveau schisme et décide de s’en sortir: le 7 avril
1349, dix ans après son élection, il abdique. Niccolò V confirme les actes qu’il avait accomplis en tant que pape, et
tous les bénéfices que le duché avait obtenu. Donc, la dynastie de Savoie perd un pape, mais le duché est devenu
plus fort.
Deux ans après, le 7 avril 141, Amédée VIII de Savoie meurt à Genève
Les Statuts du 1430 avaient le but de transformer l’ancien régime féodal en un état moderne, ce qui était bien
difficile à faire pour différentes raisons:
- le rapport avec l’aristocratie: le pouvoir du duc ne pouvait se passer de celui des nobles, et donc le
processus de transformation a ralenti
- les dimensions de l’état: France et Angleterre sont des réalités désormais nationales, comme l’Espagne
après l’union de Castille et Aragone; l’empire, comprenant l’Autriche, la Hongrie, la Bohême et
l’Allemagne, est une institution supranationale, comme l’est l'église catholique tandis que le duché de
Savoie a une dimension régionale avec deux frontières, l’une en Italie, l’autre en France
- les ressources financières:créer un état moderne coûte très cher (administration, fonctionnaires, armées).
Surtout les armées pèsent sur le bilan et pour les financer il faut contraire des dettes avec les banques
Le duché de Savoie est pauvre, surtout la partie française. En Italie l’art de la lane est bien développé, mais la
plupart du territoire du duché est froid et montagneux. La ville plus moderne, Genève, se tire du contrôle fiscal et
administratif du pouvoir central.
Donc, la position géographique qui auparavant avait été un atout se révèle maintenant une limite : en effet, le duché
est facile à protéger face à une armée médiévale, formée d’un millier d'hommes environ, difficile à préserver face à
une armée moderne bien plus nombreuse et douée d’artillerie.
En plus, les ducs qui se succèdent ne sont pas à la hauteur, ni des anciens ni des princes italiens: à la cour de Savoie
pas d’intellectuels, pas de peintres, pas de poètes, pas de pièces théâtrales.
Le point plus bas arrive avec Charles II, qui vécut dans une époque difficile (l’aurait été aussi pour un prince plus
énergique que lui…) entre 1504 et 1553: la découverte de l'Amérique avait offert à l’empereur Charles V un
domaine sur lequel le soleil ne couchait jamais le roi de France, François I, coincé à l’ouest et à l’est par l’empire,
doit se battre pour que le royaume de France puisse survivre.
Le duc Charles II, dit le Bon, manque de la finesse politique de Amédée VIII:
- il doit accepter de payer un frais aux cantons suisses sur la base d’un document faux parce que son armée
ne peut s’opposer;
- Fribourg se rend indépendant du duché suite à ce fait.
- Il voudrait rester amis soit du roi de France soit de l’empereur, mais pour le faire il lui fallait une armée
qu’il ne peut pas se permettre.
Heureseument sa femme, la duchesse Beatrice du Portugal, soeur de la femme de l’empereur, Isabelle, est bien plus
active que lui et sollicite un système de gouvernement de plus en plus moderne.
Pour l'obtenir pousse le duché envers l’empire.
L’empereur, de son côté, cherche à séparer irréversiblement le duché de Savoie du royaume de France.
En tout cas, Charles II subit les initiatives des autres et ne réalise point les siennes.

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Amédée VIII et la fondation du duché de Savoie

En 1397 Amédée VIII devient comte de Savoie. Il n'est pas du tout un chevalier du Moyen Âge, mais plutôt un politique: un prince moderne qui s'applique à la diplomatie. Il cherche à rationaliser et centraliser l'administration de son état et il confie à ses fonctionnaires la réalisation de ce qu'il décide à Chambéry. La folie de Charles VI roi de France causant la guerre civile entre la Bourgogne et les Orléans et maintes difficultées le long de la Guerre des Cent Ans, le comte est sollicité à offrir son aide militaire. Il répond qu'il souhaite la pacification, il promit son intervention et chaque fois il la renvoie: en même temps ses chevaliers se rangent avec les deux adversaires et le comte souligne qu'ils s'engagent individuellement. Il ne s'agit pas de faiblesse, mais de sagesse politique. Le meilleur but arrive en 1416, lorsque l'empereur Sigismonde lui confie le titre de duc. Il s'agit d'un pas en avant dans la hiérarchie de la noblesse: pendant les trois siècles à venir, on ne parlera plus de comtée, mais de duché de Savoie. Amédée VIII agrandit ses territoires en Italie jusqu'à Vercelli, Mondovì, Cuneo.

Le Statut du Duché de Savoie de 1430

En 1430 il rédige le Statut du Duché, avec le but d'en améliorer l'administration centrale et de renforcer son autorité. La Savoie et le Piémont sont bien différents: dans les villes savoyardes, on ne connaît pas les institutions communales, typiques de l'Italie du Nord, qui s'étaient opposées à l'empereur pendant le Moyen Age. A cette époque la capitale du duché, Chambéry, à 3400 habitants environ, tandis que Turin en compte 4200 et Cuneo 6000. Dans le territoire du Vaud et en Vallée d'Aoste n'existaient pas des lois écrites, ce qui n'était pas le cas du reste du duché. Organiser de la même façon des territoires si différents n'était pas facile: les ducs de Savoie cherchent à harmoniser les différentes traditions juridiques locales dans le but de transformer une agrégation de particularismes en un principauté régional. Deux domaines en particulier deviennent stratégiques: l'organisation administrative et la fiscalité. Entre le XIV et le XV siècle, l'administration du duché est confiée à la chancellerie et au secrétariat général. La Trésorerie s'occupait des impôts, qui pesaient sur des biens et des rentes différents. En plus, il fallait gérer les dotations financières extraordinaires, qui étaient nécessaires en cas de situations militaires ou diplomatiques.

Le Duché de Savoie et l'Église

Dès l'année 1414 l'histoire du duché de Savoie se lie encore plus avec celle de l'Europe et de l'Église. L'empereur Sigismond réunit à Costanza un concile, dans le but de faire terminer le "scisma d'Occidente", qui avait produit dans le dernier siècle du Moyen Âge trois papes au même temps. Le Concile élu pape Martin V, ce qui était dans les vœux des rois d'Angleterre et de France pour dégager le clergé de leurs territoires du pouvoir du pape de Rome. En 1431 le nouveau pape de Rome, Eugenio IV, au Concile de Basilea, affirme à nouveau sa supériorité et le respectde la hiérarchie de l'Eglise pour le clergé de la France et de l'Angleterre. A ce point là Amédée VIII, qui avait déjà confié l'administration du duché à son fils Ludovico et s'était retiré dans un monastère a Ripaglia, sur le lac Léman, avec quelqu'un de ses chevalier, décide de réaliser son chef d'oeuvre politique: devenir pape pour agrandir et renforcer le duché. Au Concile de Basilea, désormais permanent, se trouve un homme du duc, le cardinal Aleman, qui pousse l'assemblée à la rupture: le pape Eugenio IV est déclaré rebelle, simoniaque et schismatique et par conséquent déposé. Il faut donc le substituer et le choix tombe sur "l'eremita di Ripaglia", l'ancien duc de Savoie, qui est proclamé pape le 5 novembre 1439 avec le nom de Felice V. Dans le même temps à Rome à était élu le nouveau pape Niccolò V. À ce point là, le duc-pape comprend qu'il y a le risque d'un nouveau schisme et décide de s'en sortir: le 7 avril 1349, dix ans après son élection, il abdique. Niccolò V confirme les actes qu'il avait accomplis en tant que pape, et tous les bénéfices que le duché avait obtenu. Donc, la dynastie de Savoie perd un pape, mais le duché est devenu plus fort. Deux ans après, le 7 avril 141, Amédée VIII de Savoie meurt à Genève

Les défis de la transformation du duché de Savoie

Les Statuts du 1430 avaient le but de transformer l'ancien régime féodal en un état moderne, ce qui était bien difficile à faire pour différentes raisons:

  • le rapport avec l'aristocratie: le pouvoir du duc ne pouvait se passer de celui des nobles, et donc le processus de transformation a ralenti
  • les dimensions de l'état: France et Angleterre sont des réalités désormais nationales, comme l'Espagne après l'union de Castille et Aragone; l'empire, comprenant l'Autriche, la Hongrie, la Bohême et l'Allemagne, est une institution supranationale, comme l'est l'église catholique tandis que le duché de Savoie a une dimension régionale avec deux frontières, l'une en Italie, l'autre en France
  • les ressources financières créer un état moderne coûte très cher (administration, fonctionnaires, armées). Surtout les armées pèsent sur le bilan et pour les financer il faut contraire des dettes avec les banques

Le duché de Savoie est pauvre, surtout la partie française. En Italie l'art de la lane est bien développé, mais la plupart du territoire du duché est froid et montagneux. La ville plus moderne, Genève, se tire du contrôle fiscal et administratif du pouvoir central. Donc, la position géographique qui auparavant avait été un atout se révèle maintenant une limite : en effet, le duché est facile à protéger face à une armée médiévale, formée d'un millier d'hommes environ, difficile à préserver face à une armée moderne bien plus nombreuse et douée d'artillerie. En plus, les ducs qui se succèdent ne sont pas à la hauteur, ni des anciens ni des princes italiens: à la cour de Savoie pas d'intellectuels, pas de peintres, pas de poètes, pas de pièces théâtrales.

Le règne de Charles II et les difficultés du duché

Le point plus bas arrive avec Charles II, qui vécut dans une époque difficile (l'aurait été aussi pour un prince plus énergique que lui ... ) entre 1504 et 1553: la découverte de l'Amérique avait offert à l'empereur Charles V un domaine sur lequel le soleil ne couchait jamais le roi de France, François I, coincé à l'ouest et à l'est par l'empire, doit se battre pour que le royaume de France puisse survivre. Le duc Charles II, dit le Bon, manque de la finesse politique de Amédée VIII:

  • il doit accepter de payer un frais aux cantons suisses sur la base d'un document faux parce que son armée ne peut s'opposer;
  • Fribourg se rend indépendant du duché suite à ce fait.
  • Il voudrait rester amis soit du roi de France soit de l'empereur, mais pour le faire il lui fallait une armée qu'il ne peut pas se permettre.

Heureseument sa femme, la duchesse Beatrice du Portugal, soeur de la femme de l'empereur, Isabelle, est bien plus active que lui et sollicite un système de gouvernement de plus en plus moderne. Pour l'obtenir pousse le duché envers l'empire. L'empereur, de son côté, cherche à séparer irréversiblement le duché de Savoie du royaume de France. En tout cas, Charles II subit les initiatives des autres et ne réalise point les siennes.Suite à la guerre entre l'empereur et le roi de France, le duché perd la partie orientale du Piémont et en effet il n'existe presque plus. La situation italienne, suite à la conclusion de la guerre entre la France et l'Espagne, est désormais fixée, et le duché de Savoie n'est qu'une expression géographique.

Emmanuel Philibert et la refondation de l'État de Savoie

Ce sera le seul fils de Charles II survécu, Emmanuel Philibert, à refonder l'État de Savoie. Suite à la paix de Cateau-cambrésis (2-3 avril 1559) à la conclusion de la guerre entre la France et les Habsbourg d'Espagne et d'Autriche, le duc Emmanuel Philibert décide que désormais la capitale du duché ne sera plus Chambéry, mais Turin. Chambéry représente le passé de la dynastie, tandis que Turin, pour des raisons stratégiques dues à sa position le long des voies de communication entre la Lombardie, la Ligurie et la France, est le futur. En plus, la noblesse du Piémont est presque totalement favorable aux français, ce qui rend nécessaire la présence du duc à Turin, ce qui signifie aussi le choix de l'Italie comme espace pour le développement du domaine. La fragmentation politique du territoire italien offre de considérables chances d'épanouissement. Le 7 février 1563 le duc entre définitivement dans sa nouvelle capitale, encore enfermée par le murailles romaines est configurée comme une ville médiévale. L'effort du duc et de sa femme, Marguerite de Valois, est celui de transformer Turin en une ville moderne, capitale d'un royaume: il font bâtir la Cittadella, de nouvelles fortifications, mais aussi un théâtre, vu qu'un moderne souverain ne peut se passer du mecenatisme e de la promotion culturelle. A cette époque, Turin comptait 14000 habitants environ. Son aspect était celui d'une ville antique, avec des rues étroites et presque aucun espace ouvert. Le seul monument produit pendant la Renaissance était la cathédrale, bâtie à la fin du XVº siècle. Les fonctionnaires du duché s'établissent à Turin pour se trouver plus proches de la cour. Ils y font bâtir de nouvelles résidences, surtout sur la colline, qui devient un espace urbain.

Le duc, pour sa part, fait bâtir pour lui-même une nouvelle résidence, vu que Palazzo Madama, ancienne résidence des princes d'Acaia, n'était pas suffisante. La résidence est entourée par un parc (aujourd'hui Regio Parco) et, bien qu'elle se trouve très proche du centre de la ville, a encore l'aspect d'une résidence de campagne. Elle est quand même la première des «delizie sabaude» avec lesquelles ses descendants avaient entouré la ville entre le XVIº et le XVIIIe siècle: Stupinigi, Venaria, Castello del Valentino ecc. Emmanuel Philibert s'applique aussi à transformer Turin en une capitale culturelle. L'université, fondée au début du XVº siècle, est bâtie à nouveau à Mondovì et, suite à l'évacuation des français qui avaient occupé Turin à l'époque de son père, reconduite au siège originel. Les cours sont donnés selon les exigences de l'administration et donc principalement techniques et juridiques. L'oeuvre de reconstruction politique du duc Emmanuel Philibert suit trois directions: En ce qui concerne l'intérieur, il cherche un équilibre, bien difficile, entre le désir d'affirmer son pouvoir et les résistances d'un territoire fragmenté et appauvri par les guerres.Il s'agit d'un absolutisme empirique, inspiré au modèle de son oncle, l'empereur Charles V. «Machiavellico», mais dans le sens positif. A l'extérieur, le duc cherche de rester neutre entre la France, le pays de sa femme Marguerite de Valois, et l'Espagne

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